Tout plaquer

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Il y a quelques années, je participais à une énième réunion dans la boite marketing pour laquelle je bossais depuis un moment. Et tout à coup, au milieu de ces exaspérantes discussions stériles, je me suis demandée ce que je faisais là.
Je n’ai alors entendu plus que des blablabla sans importance autour de moi et je me suis mise à fixer le ciel à travers les fenêtres en me demandant si je pourrais être vraiment utile, ailleurs.

Depuis ce jour j’ai une question qui ne m’a jamais vraiment quittée : suis-je vraiment utile dans ce que je fais ?
Et j’ai beau étouffer la réponse, je la connais bien. Non seulement mon boulot ne me parait pas « utile » mais je n’y suis pas forcément à ma place. C’est comme si tous les matins en allant travailler, j’enfilais un costume pour jouer un rôle.
Mais avec l’âge, je perds peu à peu toute conviction.

J’aime mon boulot, le web est un univers super où ma curiosité peut être satisfaite.
Mais je me dis que je pourrais être bien plus utile ailleurs. Que je pourrais vraiment m’épanouir en étant utile. Une « réelle » utilité j’entends. Parfois j’aimerais laisser une autre marque auprès des gens rencontrés que celle de la fille qui a rédigé un cahier des charges dans les délais.

Je ressens le besoin de m’investir dans un projet qui me permettrait de laisser un peu de moi. Je n’ai pas un esprit calculateur, autoritaire, je ne suis pas une fille sûre d’elle… Bref, je ne suis pas toujours la fille qu’on attend de moi dans mon milieu pro. Et je n’ai pas envie de changer pour rentrer dans le moule d’un boulot.

Je rêve de relations plus saines avec les gens, de relations dans lesquelles je n’aurais pas besoin de peser mes mots pour me « vendre » auprès de mon interlocuteur.

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Je suis peut-être utopiste mais je pense parfois à l’idée de changer radicalement de secteur. À l’idée de ne plus être enfermée dans un bureau devant mon écran. A l’idée de ne plus avoir toujours cette pression de rentabilité dans la tête.

Mais c’est bien beau de se prendre à rêver d’une « autre » vie. Concrètement, est-ce réellement faisable ?

Il y a tant de barrières qui nous séparent de nos envies profondes que peu osent se lancer.

Je suis très réaliste malgré les dizaines d’idées folles qui traversent mon esprit chaque jour ! Pour tout plaquer du jour au lendemain, on ne va pas se mentir il faut du fric. Il faut un projet construit qui nous oblige bien souvent à rentrer dans des cases nous éloignant parfois du rêve que l’on s’était fixé.
Il faut du temps. Il faut de l’aide. Il faut tout ce que je n’ai pas à l’heure actuelle.

Mais je n’ai pas peur des contraintes si celles-ci servent enfin à m’épanouir.

Petite, mes frères et soeurs se foutaient de moi et de mes joues rougeaudes en me disant qu’ils me verraint bien fermière entourée d’animaux. Allez savoir pourquoi je trouvais ça péjoratif à cet âge. L’esprit de contradiction fraternelle sans doute. Et bien maintenant j’en suis même à me demander si je ne serais pas plus heureuse à élever des chèvres dans le Larzac !

On mène une vie de fou, souvent sans se poser de question parce que c’est la norme sociale, mais où est passé notre libre arbitre ? Où sont passés nos idéaux ? Après le loyer et les factures sans doute. Quelle petite mort…
Une vie si courte qui laisse nous laisse quoi finalement, des regrets ?

Et vous, vous êtes-vous déjà dit : Je suis seule et je veux changer de vie ? Avez-vous sauté le pas?

Le changement

change 1Etant d’une nature terriblement angoissée, le changement me fait peur. Mais en même temps, ça m’excite terriblement. S’il n’y a pas de changement, bien que je me sente en sécurité, je m’ennuie.

J’ai besoin de nouveaux challenges pour avancer, pour m’occuper la tête et être en perpétuelle évolution.

Mais la peur peut être une grande barrière. Je pars à NY mardi matin et à mon retour je vais commencer un nouveau boulot. Qui dit nouveau boulot, dit nouveau rythme, nouvelle équipe, nouveau management, nouvelles responsabilités. C’est excitant et j’en suis heureuse car c’est tellement difficile de trouver du boulot mais j’angoisse de ne pas arriver à me faire accepter.

Je sais cependant, que lorsque j’entreprends quelque chose de radicalement nouveau, je me sens fière. Fière d’être allée au-delà de mes limites. Peu importe si ça ne marche pas, j’aurais essayé.

Et il n’y a rien de pire que d’être insatisfait de sa situation sans vouloir changer quoique ce soit pour autant.

"Faire un gros changement de vie est assez flippant. Mais tu sais ce qui est encore plus flippant ? Les regrets."
« Faire un gros changement de vie est assez flippant. Mais tu sais ce qui est encore plus flippant ? Les regrets. »

Alors le changement oui mais je me rends compte que je prends toujours des risques limités. Et il me trotte dans la tête de faire des choses qui me mettraient plus en danger. C’est aussi pour cela que c’est difficile de vivre seule. Lorsque j’entreprends quelque chose, en particulier sur le plan pro et donc matériel, je sais que je devrais être seule face à la situation, que je ne peux compter que sur moi-même.

Mais je ne veux plus m’angoisser et anticiper négativement ce qui pourrait arriver. Je me jette désormais dans les nouvelles situations sans (trop) y réfléchir!

Et vous, peur du changement ? Envie de nouveaux challenges ?

30 ans

Voilà, j’ai 30 ans. Je sais qu’il existe tout un tas de listes avec tout un tas de trucs à faire avant ses 30 ans. Je préfère ne pas les lire étant certaine de ne pas avoir fait le quart. Mais ce n’est pas grave.

J’ai su très jeune que ma vie commencerait « plus tard ». Que je serai toujours en décalage avec les évènements vécus par les gens de mon âge.

Finalement, ce n’est pas plus mal, car sans doute profiterais-je plus des choses maintenant qu’à 20 ans, terriblement angoissée comme je l’étais.

Lorsque plus jeune, je lisais les témoignages de femmes de 30 ans qui proclamaient se sentir mieux dans leur corps, mieux dans leur tête faisant fi des considérations des autres je ne m’y retrouvais pas vraiment…  Maintenant, je les comprends !

Alors avoir 30 ans ça change quoi pour moi ? Finalement pas grand-chose. Mes grands changements je les ai entamés il y a déjà 3 ans.

J’ai enfin trouvé un boulot qui me plait totalement, j’ai fait de grands progrès pour gérer mon TAG, je (me) plais même avec 20 kilos en trop je me prends moins la tête pour mes histoires de cœur. C’est déjà pas si mal !

Me reste encore des choses à accomplir et j’ai hâte qu’elles arrivent… Je suis pressée de découvrir ce que la vie me réserve. Et même si parfois j’ai envie de baisser les bras pour tout un tas de raison, la seule chose qui me motive c’est l’envie de découvrir mon avenir. Pourvu qu’il soit bon !

 

Maladresse quand tu me tiens

Et en plus, elle est blonde !

Pas une journée, que dis-je, pas une heure sans que je ne fasse tomber quelque chose. Ça commence dès le matin avec le mascara, la brosse à dent, le shampoing, ça continue au boulot avec les stylos, la gomme, le portable et ca se prolonge le midi avec les couverts, la canette,… bref avec à peu près tout ce qui passe entre mes mains…. Inutile de vous préciser qu’il ne me reste plus beaucoup de vaisselle intacte dans les placards de ma cuisine.J’assume totalement ma maladresse, génétique, mais parfois je me demande si les objets n’auraient pas décidé de me compliquer la vie juste pour se marrer.

Car les objets pourraient se contenter de tomber. Non. Il faut qu’ils roulent, parfois même rebondissent pour atterrir dans des endroits totalement inaccessibles (j’avoue avoir repêché plus d’une fois le bouchon d’une lotion qui avait tenté de se noyer en sautant dans la cuvette des toilettes… propre, je précise).

Au début, j’essayais vainement de jongler pour tenter de les rattraper avant qu’ils ne touchent le sol, mais c’était peine perdue…

Maintenant, je me contente de suivre leur progression pour savoir où chercher pour les récupérer…

Et finalement, lorsque je suis pressée, je les laisse même par terre, ils ne risquent pas de tomber plus bas après tout. Car il arrive bien souvent qu’au moment de le ramasser, l’objet se faufile une nouvelle fois hors de mes mains pour retomber plus loin…

J’en suis donc venue à la conclusion qu’il y a soit une vague de tentative de suicide chez mes petits amis du quotidien, soit qu’ils ont juste envie de se marrer en me voyant me contorsionner pour récupérer l’un des leurs coincé entre le lave-linge et l’évier…

La vie comme elle vient

Forrest avait raison...

 

Mon frère m’a fait très justement remarquer qu’à bientôt 37 ans, il n’aura jamais été aussi proche des 40 ! Les hommes vieillissent bien mieux que les femmes, pas de quoi s’affoler pensais-je, …jusqu’à ce que ça me rappelle que moi-même je ne suis plus très loin des 30… Là je m’affole !

C’est fou les projets qu’on peut faire, plus jeune, en étant certain que sa vie sera réglée comme du papier à musique simplement en l’imaginant.

J’étais persuadée de faire mon premier enfant à 25 ans. A 28 ans, je suis sans enfant, sans mec et sans boulot !

Je ne voulais surtout pas habiter dans une maison de peur d’être éloignée de la vie citadine. A force de tourner en rond dans mon mini appart, je rêve d’une maison contenant plus de 2 pièces.

Je pensais aimer un seul homme et construire toute ma vie avec lui. J’ai appris qu’on pouvait tomber amoureuse ou penser l’être plus d’une fois et que chaque expérience, même foireuse, nous rapproche de celui qui nous correspond vraiment.

Quitter Paris ? Il en était hors de question, parisienne j’étais, parisienne je resterai ! Maintenant, il m’est si difficile de trouver un endroit pour m’isoler dans la capitale que j’ai de plus en plus envie d’autres espaces .

A 20 ans, le bel âge pour beaucoup, je me cherchais sans cesse, me posant mille questions sur mes envies, souhaitant à tout prix rentrer dans le même schéma que les autres sans y parvenir.

Ce n’est que maintenant, à bientôt 30 ans que je commence à savoir enfin qui je veux être, à m’affirmer et à savoir où je vais.

Le temps est venu de lâcher mes a priori, mes vieilles angoisses : on peut être en couple à 25 ans et seule à 35 et inversement (ouf!)… On peut trouver sa voie plus tard que les autres… On n’est pas obligé de rentrer dans un moule pour se rassurer…

Il faut parfois prendre son temps et accepter que tout ne se déroule pas comme nous l’avions prévu.

Avoir 30 ans c’est effrayant mais c’est également se libérer de certains carcans !