Paris je t’aime mais tu me fais peur

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33 ans que j’habite en toute proche banlieue parisienne. Des années que je vais sur Paris la semaine, le week-end, … Pour bosser, faire du shopping, me balader, voir des amis, sortir… Paris c’est de la détente pour moi. Paris c’est ma ville.
Mais comment vivre encore dans une ville qui vous fait peur ? Dans laquelle vous ne vous sentez plus en sécurité ? Où la mort peut frapper à chaque instant ?

Je sais qu’il faut continuer à vivre, à ne pas avoir peur pour ne pas donner ce plaisir aux fous qui nous attaquent mais je pense aux gens directement touchés, à ceux qui ont perdu la vie, perdu un proche,… Comment vont-ils continuer à vivre eux ?

Je suis si triste et si lasse.

Toutes mes pensées vont droit vers les personnes touchées directement ou indirectement par ce drame.

Une autre forme de TAG

Angoisse, quand tu me tiens...

Non, je n’ai pas été taguée. Aujourd’hui c’est d’une autre forme de TAG, moins fun, dont je souhaitais parler… Le Trouble Anxieux Généralisé (T.A.G.).

Qu’est-ce que c’est ? L’anxiété c’est cette appréhension, cette peur, ce malaise, face à une situation imprévue. Elle devient  Trouble Anxieux Généralisé lorsqu’elle ne quitte plus celui qui en est atteint et s’active alors sans raison, à n’importe quel moment.

Rien à voir avec le stress, non. Le stress a du bon, lui. Il active nos défenses face à un danger immédiat. Une fois le danger passé, le stress s’éloigne aussi. Pas l’angoisse. Elle reste tapie, toujours là.

L’anxiété paralyse, empêche toute forme d’action. Aucun imprévu possible. Envolée l’estime de soi. Car il est difficile de s’aimer lorsqu’on n’arrive plus à faire de simples choses uniquement par peur de les accomplir, par peur des éventuelles conséquences. On pense alors à tout ce qui pourrait arriver, le conditionnel est notre ami, avant d’entreprendre quoi que ce soit. La plus infime décision fera l’objet de longues heures de tergiversations… Pour finalement ne rien faire. Laisser passer plein de belles occasions est l’apanage de l’anxieux.  Et à force de voir sa vie passer sans rien faire, par peur de ce qui pourrait se passer, la dépression pointe le bout de son nez. Elle est sympa cette dépression qui ne vous force plus à rien. Ni même à vous lever de votre lit. Elle est enveloppante, sécurisante, plus de décision à prendre, on se laisser engloutir peu à peu.

Quant aux rencontres avec les autres, elles sont difficiles voire impossibles. L’angoisse coupe des autres, éloigne les êtres aimés. Car il leur est parfois difficile de réagir à une maladie invisible. Pas de séquelle physique visible à soigner, pas de pansement à appliquer, ici tout se passe  dans le secret des pensées. Personne ne peut y pénétrer.  Difficile de comprendre pourquoi sortir peut être une épreuve à la limite de la souffrance physique. Un dîner, c’est rien… Difficile de vivre en permanence avec les peurs d’un autre. Difficile de supporter un besoin constant d’être rassuré sur tout, sur rien.

Il n’existe malheureusement pas de médicament miracle. Si ce n’est les anxiolytiques qui endorment pour éloigner les peurs le temps d’un court répit. Non, la seule façon d’aller mieux c’est de changer sa façon de penser. Et c’est difficile. Imaginez que 2 et 2 ne font plus 4 maintenant mais 6. Imaginez qu’un chat ne s’appelle plus un chat mais un chien. C’est toutes vos croyances qu’il vous faut bousculer. C’est un contrôle permanent sur ses pensées qu’il  faut exercer, jusqu’à ce que ça devienne naturel… un jour.

Ce travail sur mon trouble anxieux généralisé je l’ai commencé il y a deux ans maintenant. J’ai ouvert ce blog, j’ai quitté un travail sécurisant mais non satisfaisant, j’ai réorienté ma carrière pour faire ce que j’aime, j’ai coupé les ponts avec les gens nocifs, bref, je me suis réveillée.

Le chemin est encore long cependant, car l’anxiété est mon épée de Damoclès. Elle me suit partout, tout le temps. Je suis encore dans l’effort quotidien pour la contrôler, sans jamais totalement lui échapper.

Et si ?

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Parfois, vaut mieux pas trop réfléchir...

L’autre jour je discutais avec une amie sur nos petits bobos quotidiens. Vivant en couple, elle se sentait rassurée d’avoir quelqu’un sur qui compter en cas de malaise ou de maladie arrivant sans crier gare. La réflexion tant redoutée arriva : Je ne sais pas comment tu fais, toi qui vis seule.Comment je fais ? Je n’y pense pas. Je refoule cette peur, cette frayeur tout au fond de moi. Car si je la laisse émerger, elle me donne des idées bien glauques.

Et si je glissais dans ma petite baignoire sabot ? Au bout de combien de temps quelqu’un s’en apercevrait ? Et si ma maladresse habituelle me conduisait à me sectionner une artère, me viderais-je de mon sang, seule, sur le carrelage de ma cuisine ? Et si je faisais un malaise, tombais, me cognais la tête contre le coin de ma table basse, agoniserais-je de longues heures en entendant au loin les ronflements de mon voisin ?

Ce dont je suis sûre c’est que je ne devrais certainement pas compter sur mes chats pour ameuter le quartier et je sens bien que mes doigts leur feraient office de saucisses apéro au bout de quelques heures jours…

Vous comprendrez donc que je préfère laisser cette angoisse tapie dans un coin de ma tête et compte sur les bons gênes transmis par ma mère pour ne pas tomber malade et sur ma bonne étoile pour me garder des accidents. Merci maman. Merci l’étoile.