Normalité

Normalité

En novembre prochain, cela fera 8 ans que j’écris mes Tribulations féminines. 8 ans à vous raconter mes expériences, mes envies, mes idées noires, mes rencontres, mes réussites, mes échecs.

Lorsque j’ai ouvert ce blog, je pouvais écrire tous les jours. Or, depuis quelques temps je ne blogue plus qu’aléatoirement. Pourquoi ? Car j’ai peur de me répéter.  Je sais que beaucoup de choses ont changé depuis que j’ai écrit sur tel ou tel sujet. Mais j’ai peur que ça ne soit pas intéressant, que les gens me reprochent d’écrire sur les mêmes thèmes.

C’est un peu idiot car je n’ai pas les mêmes lecteurs aujourd’hui. J’ai pu changer d’avis sur certaines situations. Les produits parfois présentés ont évolué. Et puis, j’ai vieilli tout simplement !

Il y a aussi le fait d’être un peu trop avide de réseaux sociaux. Je me compare donc (même involontairement) à toutes ce nanas dont la vie a l’air si parfaite et surtout extrêmement remplie.

Moi, je ne fais pas de sport à outrance, j’abandonne même pendant plusieurs mois, je n’ai pas de chéri fixe avec qui prendre de jolies poses, mes assiettes ne sont jamais bien présentées, je ne rentre pas dans un 38, je ne sais pas faire de jolis DIY, je suis nulle en déco… Bref, je suis une fille lambda qui n’a pas une vie à 100 à l’heure et qui partage non pas ses vacances de rêves dans un pays exotique mais ses petites joies quotidiennes. Du coup, mes écrits me semblent moins intéressants !

Mais cependant j’aime tellement écrire que je me vois mal arrêter sous prétexte que je ne me lève pas à 5h du mat pour le miracle morning, que je ne tiens plus de bullet journal à défaut d’avoir des rendez-vous à la pelle et que je suis tout simplement « normale ».

Car, après tout, la normalité ce n’est pas si mal !

Le cas social amoureux

Le cas social amoureux

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A en croire certains, je pourrais facilement penser que je suis « hors norme » en amour. Lorsqu’un mec me dit que c’est « étrange » que ma plus longue histoire ait duré « seulement » 2 ans alors que j’en ai déjà 32… Lorsqu’une de mes amies me parle de tous ces cas sociaux rencontrés lors d’un voyage : un qui pense encore à son ex, une qui n’a personne depuis plusieurs mois, l’autre qui ne veut pas se caser…

Bizarrement, je me suis sentie visée… Et je n’ai pas réagi comme j’aurai dû (avec un low kick dans les rotules). J’ai acquiescé, ai eu envie de disparaitre sous le tapis et me suis demandée si je n’étais pas moi-même un de ces cas sociaux de l’amour.

Voilà comment j'aurais dû réagir !
Voilà comment j’aurais dû réagir !

C’est vrai que je suis souvent attirée par des histoires compliquées, des mecs peu disponibles. Je ne sais pas pourquoi. Mes histoires sont assez fulgurantes. Fortes mais éphémères. Et oui, je suis « encore célibataire ». A croire que je ne sais pas garder un mec…

Mais faut-il pour autant que je m’excuse de ne pas vouloir terminer avec le premier venu ni de vivre une histoire sans amour, juste pour être avec quelqu’un ? Je ne crois pas.

J’ai toujours vécu mes histoires, aussi courtes furent elles, avec passion et amour. Et ces histoires, même douloureuses, m’ont toujours appris quelque chose.

Mais la pression du regard des autres est encore plus forte lorsqu’on vieillit et qu’on ne rentre pas dans le fameux moule du couple.

Mais ce que les gens ne comprennent pas, c’est que j’aimerais rentrer dans ce fichu moule, rencontrer la bonne personne, me caser, etc.. Mais tout le monde ne rencontre pas le bon à 15 ans et passe toute sa vie avec ! Rencontrer un mec bien c’est un vrai parcours du combattant, croyez moi ! Et une fois qu’on a enfin rencontré quelqu’un qui nous plait, il faut que ça marche ! Ca ne se fait pas du jour au lendemain, et non, ce n’est pas de la mauvaise volonté comme certains ont l’air de le penser !!!

Carrie a raison, ça ne se passe pas toujours comme ça dans la vie.
Carrie a raison, ça ne se passe pas toujours comme ça dans la vie.

Ma vie serait plus facile si j’étais « comme tout le monde ». Le regard des autres serait moins oppressant sans doute. Mais en attendant, il faut apprendre à vivre pour soi, être bien dans sa vie et ne pas vivre pour les autres. Etre bien, seule, c’est la garantie d’être mieux en vivant avec quelqu’un.

Alors je vais continuer à faire toute seule les tests « spécial couples » des magazines féminins en attendant le mec assez fun pour les faire avec moi ! Et je dis merde à tous ceux qui pensent que je ne suis pas normale.

L’art d’être une femme normale

L’art d’être une femme normale

Il faut savoir trier....

 

Je lis beaucoup de magazines féminins, ne cherchez pas pourquoi, je me le demande moi-même. Pour certains c’est la cigarette, moi ce sont les magazines. Et ça peut parfois être tout aussi dangereux. A 29 ans, j’ai appris à prendre le recul nécessaire sur ces lectures un peu ‘frivoles’, mais pour d’autres, ça peut vite devenir dangereux si les écrits sont pris au pied de la lettre.

Les magazines, les pubs, les séries, nous abreuvent d’idées sur les femmes. D’idées sur ce que doivent faire les femmes pour rentrer dans le moule. Mais voilà pourquoi on ne peut pas suivre tous leurs beaux conseils pour être la plus belle/intéressante/charmante……

–          Parce que le dernier chignon à la mode ne tient pas sur nous qui prenons le métro, mettons une grosse écharpe qui s’accroche aux épingles, qui avons les cheveux trop fins ou trop courts, qui abandonnons au bout du 3ème essai (qui ne ressemble toujours pas à la photo).

–          Parce que les escarpins aux talons de 12 nous font tout simplement mal aux pieds et qu’on ne sait pas marcher avec.

–          Parce que le job de nos rêves n’est pas forcément accessible et qu’on doit bien bouffer…

–          Parce que le mec parfait qui nous sert le petit dej au lit avec notre magazine « préféré » on ne le trouve pas forcément à 20 ans, ni à 25, ni même à 30…

–          Parce qu’on en a marre de faire des régimes.

–          Parce que le dernier roman de bidule on est trop crevée pour le lire et qu’on préfère regarder la télé.

–          Parce que le smoky on ne voit pas vraiment la différence avec l’application d’un fard foncé sur toute la paupière.

–          Parce que nos genoux ne rentrent pas dans des cuissardes.

–          Parce que manger bio c’est cher et qu’on ne sait pas vraiment d’où ça vient finalement.

–          Parce que la nuisette en satin ça remonte quand on dort.

–          Parce que nos choix sont plus cornéliens que ceux des tests proposés.

–          Parce qu’on a envie de manger une pizza pas du tofu.

–          Parce qu’on n’a pas les moyens de partir en week-end faire la fête dans toutes les boites des capitales européennes.

–          Parce que les robes Maje c’est cher et ça taille petit.

–          Parce qu’on n’a pas envie de sortir dans le dernier bar à la mode mais de glander à la maison

–          Parce que notre voisin n’est pas un Apollon à qui emprunter du sucre mais un gros pervers au regard libidineux.

–          Parce qu’on ne vit pas dans un 300m² à la déco interchangeable à chaque saison.

 

Et puis, parce qu’après tout, nous sommes des femmes normales, pas des clichés de magazine.