L’hiver m’a tuer

L’hiver m’a tuer

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Pas simples ces derniers mois. Des hauts des bas (plus souvent des bas que des hauts d’ailleurs), un boulot qui ne me donne aucun grain à moudre intellectuel, une vie amoureuse proche du néant, le froid qui me paralyse, une envie de dormir qui ne me quitte pas. Bref, une déprime saisonnière qui ne me laisse pas de répit. Je ne cuisine plus, je n’écris plus, je mange n’importe quoi, j’ai abandonné le sport, je me couche super tôt, je fais des siestes à rallonge tous les week-ends, je ne fais presque plus attention à moi.

Mais je sais que ça ne peut pas durer et que je vais devoir sortir petit à petit de ce néant pour me retrouver. Comme revenir à la vie en quelque sorte.

Mais par quoi commencer ? Mon alimentation, le sport, les sorties, les fringues, le make-up que je néglige complètement ? Je sais que je ne dois pas m’embarquer dans un « programme » que je ne tiendrais pas ! Chi va piano, va sano !

J’ai donc déjà prévu de m’occuper de mon blog et de ma petite personne en premier lieu.

Pas de gros changements à l’horizon mais quelques petites règles à tenir si je veux sortir la tête de l’eau progressivement.

Je pensais à un rythme d’un article / semaine sur le blog. Même quelques lignes, je suis sûre que ça me ferait du bien. Et ça me touche toujours les petits mots d’encouragement ! Ecrire a toujours été source de réconfort pour moi.

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Côté petite personne j’ai des tas de trucs à rattraper. Je fais concurrence au yeti, mes cheveux veulent mener leur propre vie, mes ongles se cassent à la moindre occasion, mes pieds me supplient de m’occuper un peu d’eux. Bref, rien à voir avec la Marion qui d’habitude prend soin d’elle et qui s’accorde un dimanche « spa » chaque semaine. J’ai une telle flemme que je laisse tout en friche en espérant que ça ne se remarque pas trop. Je n’ai plus l’énergie pour prendre soin de moi.

Alors je fais des petits trucs, jour après jour. Je recommence à mettre de la crème hydratante sur mes gambettes, je vais prendre rdv chez le coiffeur (là c’est lui qui va devoir bosser), je me prévois une pédicure maison un dimanche.

Côté cuisine je ne me sens pas encore d’attaque pour me préparer de bons petits plats ni pour me remettre une énième fois au régime. Je vais déjà essayer de manger moins et de supprimer les cochonneries, ce sera un bon début !

Côté moral j’essaye aussi de positiver même si ce n’est pas tous les jours facile. Mais j’ai la chance d’avoir une vie plutôt stable, d’être entourée et même si ce n’est pas la vie dont je rêve, je m’accroche.

 

Et vous, quels sont vos remèdes pour sortir de la crise hivernale ?

 

Au fond du gouffre

Au fond du gouffre

effondrer

Mon anxiété est de retour. La dépression l’accompagne. Dans ces moments je n’ai plus envie de rien.

Plus envie d’écrire alors que ça me fait tellement de bien normalement. Plus envie de sortir. Plus envie de faire semblant d’être bien. Plus envie de voir du monde.

Mon boulot me pèse. Il me fait honte. J’ai honte car je suis surqualifiée pour ce poste. J’ai honte qu’on me demande des tâches que j’aurais pu faire il y a 10 ans en début de carrière. J’ai honte de me sentir transparente. J’ai honte de m’ennuyer à longueur de journée. J’ai honte de m’être mis dans cette situation. J’ai honte de moi.

Ma vie privée n’est pas une réussite. Je n’ai pas eu de relation sérieuse depuis des années. Je ne rencontre que des hommes qui semblent uniquement s’intéresser à mon tour de poitrine. J’ai honte d’attirer ce genre de personne.

Mon poids est catastrophique. Je tente tant bien que mal de suivre un régime. Le moindre écart me fait prendre du poids. J’ai honte de ne pas arriver à me contrôler.

Alors que faire dans ces moments de dépression ? Se laisser aller et sombrer ? Se mettre un coup de pied au cul ? Tout laisser tomber ? J’aimerais avoir la solution. J’aimerais m’en sortir. J’aimerais qu’il m’arrive enfin quelque chose de bien sans avoir à me battre. Une petite aide, une toute petite main tendue. Mais la vie ne nous donne rien sans rien. Il faut se battre toujours. La vérité c’est que nous seuls pouvons nous sauver. Dans l’adversité, nous sommes seuls à pouvoir nous en tirer. Mais comment ?

Demander de l’aide

Il y a petite déprime et dépression. Il faut savoir faire la différence car la dépression est une vraie maladie qui demande l’aide d’un professionnel. Si vous n’avez plus envie de rien, si vous vous sentez fatigué, que vous n’avez plus envie de sortir, que vous avez des problèmes alimentaires, que vous dormez mal, que cette situation dure depuis plusieurs semaines, n’hésitez pas à consulter. Il ne faut pas avoir peur de sauter le pas. Car plus on attend, plus on s’enfonce et plus difficile est la remontée.

Faire des projets et agir

Des petits projets, des grands, peu importe. Ca peut être économiser pour s’offrir un week-end au bord de la mer. Ca peut être désencombrer son appart petit à petit. Ca peut être se prendre une journée juste pour soi. Avoir des projets occupe l’esprit de façon positive.

Si c’est une situation qui vous rend malheureux, alors il faut agir pour inverser la tendance. Chercher un nouveau boulot, se laisser convaincre de rencontrer une nouvelle personne,…  Agir c’est ne pas sombrer, c’est déjà botter le cul à la dépression.

Se faire câliner

Dans les séries américaines, ils se prennent tout le temps dans les bras. Pour un rien, ils se jettent dans les bras les uns des autres. En France on est plus pudiques. Moins dans l’effusion. Et pourtant se faire prendre dans les bras pour un câlin c’est juste réconfortant. Un instant de douceur dans un monde de brutes.

Sortir

Rester enfermer chez soi semble être la meilleure solution quand rien ne va. Pas envie de bouger, pas envie de voir du monde qui nous étale son bonheur en pleine gueule, pas envie de rencontrer de nouvelles personnes. Et pourtant. Rester chez soi c’est s’isoler encore plus. S’isoler et ruminer.

Pas besoin de sortir en boite ou de faire une méga fiesta. Il suffit juste d’aller se balader, de prendre l’air, de sortir diner au resto avec ses amis proches. Quelques petits pas pour sortir de son isolement.

Régresser

Parfois la vie d’adulte et ses responsabilités semblent insurmontables. On a juste envie de rester sous la couette et de ne plus faire face à son boulot, ses difficultés. Malheureusement, ce n’est pas si facile. Les responsabilités nous rattrapent toujours. Mais on peut s’accorder une journée de régression totale. Gâteaux régressifs, séries débiles, larvage sur canapé sous la couette, rester en pyjama toute la journée.  Une journée de régression pour faire face à notre vie d’adulte dès le lendemain.

 

S’éloigner des personnes toxiques

Ah ils sont beaux les réseaux sociaux, ces jolis comptes remplis de photos de filles parfaites qui semblent avoir tout pour elles. Quand on se sent mal, on a tendance à se comparer facilement aux autres et donc à se dévaloriser. Pas la peine de rajouter à sa souffrance en compulsant frénétiquement son compte insta ou tumblr remplis de mantras pour gens parfaits. Prendre un peu de recul et se dire que chacun à ses problèmes et que, non, on n’est pas nul parce qu’on n’est pas au régime 24h/24, qu’on ne fait pas de yoga, que notre petit-déjeuner ressemble plus à de la bouillie qu’à un bowl cake, que nous n’avons pas de chéri pour nous offrir un week-end. On a d’autres qualités, d’autres valeurs.

Je ne dis pas qu’il faut s’entourer uniquement de personnes qui ne vont pas bien, au contraire. Mais de personnes bienveillantes. Qui sauront vous écouter et vous conseiller. Qui prendront de vos nouvelles. Sur lesquelles vous pourrez vous reposer. Un jour, c’est vous qui leur viendrez en aide.

Garder son sens de l’humour

Ce qui me sauve lors de mes moments de dépression c’est mon sens de l’autodérision. Parfois rien ne va. Tout part tellement en live que c’en est drôle. Pas toujours facile de rire de sa situation je vous l’accorde mais rire c’est se faire du bien à l’âme. Vous n’arrivez pas à rire de votre situation ? Pas de souci, on peut toujours de moquer gentiment des autres (si, si c’est autorisé en thérapie !!!). Voir les profils adopte de certains mecs, croyez moi ça vaut une franche partie de rigolade.

exister

Je sais combien ces conseils semblent difficiles à suivre quand on traverse une période vraiment difficile. Je n’ai moi-même pas toutes les clés pour sortir de ces moments où tout semble insurmontable. J’essaye de trouver ce qui me va le mieux. De faire des petits pas. Je crois que chacun doit trouver la ressource intérieure nécessaire pour ne pas sombrer. Il y aura toujours des personnes pour vous trouver pathétique car vous êtes « trop » fragile. Peu importe. L’important c’est de s’écouter. Vous seul savez quand vous pouvez faire face ou quand c’est trop difficile. Vous seul détenez les clés.

 

Le come back de l’anxiété

Le come back de l’anxiété

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Lorsque j’ai écrit mon premier post sur l’anxiété, je le terminais en sachant que ce mal serait toujours mon épée de Damoclès.
Et la revoilà donc… toujours plus forte, toujours plus difficile à gérer, toujours là, pernicieuse.

Alors que faire dans ces moments là?
J’ai 2 solutions : me laisser totalement aller et rester sous ma couette toute la journée en m’évadant devant des séries, ou trouver les côtés positifs de ma vie actuelle et en tirer partie.

J’ai bien sur opté pour la seconde solution. La plus difficile mais celle qui bottera le cul à ces pensées négatives.

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J’ai donc élaboré des stratégies anti-angoisses.

1) En parler avec mon médecin
Direction mon médecin qui me suit pour mes troubles anxieux pour lui dire que « là, ça ne va pas du tout ». Je sais que la frontière pensées anxieuses et dépression est très mince. C’est à un professionnel de santé de diagnostiquer votre trouble. J’ai la chance d’être suivie par un très bon médecin spécialiste dans les TCC. Il me connait et sait quand j’ai besoin d’une « béquille » médicamenteuse. Une « béquille » car c’est une aide temporaire et m’aide à faire le reste du « boulot anti-angoisses ».

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2) Reprendre la muscu
Il faut me rendre à l’évidence : une séance d’aquabike par semaine n’est pas suffisant pour m’aérer la tête et pour augmenter ma dose d’endorphines. J’ai donc retrouvé mon coach et j’espère que petit à petit, le sport va porter ses fruits (bon, ok, pour l’instant ce sont les courbatures qui se réveillent…)

3) Respirer / Méditer
Mon médecin me parle depuis des années des bienfaits de la relaxation. Je lui réponds que ça me gonfle, que j’y arrive pas, que ça m’énerve, bref c’est contre-productif (pour moi).
Mais lui me rétorque que ça prend du temps. Que c’est normal que ça ne soit pas naturel au début et que si j’avais commencé sérieusement la relaxation il y a plusieurs mois, j’en ressentirais déjà les bénéfices… il a raison, comme d’hab. Du coup je me force plusieurs fois par semaine à m’endormir avec une séance de relaxation dans les écouteurs.

4) Ecrire que, non, les choses ne vont pas si mal.
Je note tout ce qui va bien (le compliment d’un client, les choses qui se sont améliorées, les kilos perdus même pendant cette période, …) sur un petit cahier. Je note aussi mes pensées négatives et bien sûr, la vérité sur ces dernières. Car les 3/4 de ces pensées sont fausses…. Non, je ne vais pas me retrouver sous les ponts dans quelques semaines, non, je ne vais finir seule, non je ne vais pas me jeter par la fenêtre à la prochaine crise d’angoisse.

5) Prendre l’air
Même si sortir de chez moi provoque encore plus d’angoisses certains jours, je me force à sortir chaque jour. Oui, même le dimanche ! En travaillant en freelance à temps plein, c’est parfois dur de se décoller de son écran d’ordi la journée entière. Le travail en équipe me manque beaucoup.
L’angoisse vous pousse à vous replier sur vous-même. Or, sortir, voir du monde, permet d’évacuer les tensions le temps d’une soirée. Accepter que vos amis vous « trainent » à une soirée. Ils le font pour votre bien.

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Je ris de moi (et pas que)
J’essaye de continuer à rire de moi. Le rire c’est positif, ça fait du bien.
Quitte à parfois rester dans mon lit, je regarde LA série qui me met de meilleure humeure, celle qui me fait rire : Parks & Recreations.
20 minutes, le temps d’un épisode pour oublier un peu tout ce que j’ai en tête. Je ne regarde pas tous les épisodes d’un coup, je les déguste comme un bon verre de vin !

Je ne sais pas combien de temps cette mauvaise passe va durer. Mais je sais que j’aurais tout mis en place pour ne pas sombrer.
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Une autre forme de TAG

Une autre forme de TAG

Angoisse, quand tu me tiens...

Non, je n’ai pas été taguée. Aujourd’hui c’est d’une autre forme de TAG, moins fun, dont je souhaitais parler… Le Trouble Anxieux Généralisé (T.A.G.).

Qu’est-ce que c’est ? L’anxiété c’est cette appréhension, cette peur, ce malaise, face à une situation imprévue. Elle devient  Trouble Anxieux Généralisé lorsqu’elle ne quitte plus celui qui en est atteint et s’active alors sans raison, à n’importe quel moment.

Rien à voir avec le stress, non. Le stress a du bon, lui. Il active nos défenses face à un danger immédiat. Une fois le danger passé, le stress s’éloigne aussi. Pas l’angoisse. Elle reste tapie, toujours là.

L’anxiété paralyse, empêche toute forme d’action. Aucun imprévu possible. Envolée l’estime de soi. Car il est difficile de s’aimer lorsqu’on n’arrive plus à faire de simples choses uniquement par peur de les accomplir, par peur des éventuelles conséquences. On pense alors à tout ce qui pourrait arriver, le conditionnel est notre ami, avant d’entreprendre quoi que ce soit. La plus infime décision fera l’objet de longues heures de tergiversations… Pour finalement ne rien faire. Laisser passer plein de belles occasions est l’apanage de l’anxieux.  Et à force de voir sa vie passer sans rien faire, par peur de ce qui pourrait se passer, la dépression pointe le bout de son nez. Elle est sympa cette dépression qui ne vous force plus à rien. Ni même à vous lever de votre lit. Elle est enveloppante, sécurisante, plus de décision à prendre, on se laisser engloutir peu à peu.

Quant aux rencontres avec les autres, elles sont difficiles voire impossibles. L’angoisse coupe des autres, éloigne les êtres aimés. Car il leur est parfois difficile de réagir à une maladie invisible. Pas de séquelle physique visible à soigner, pas de pansement à appliquer, ici tout se passe  dans le secret des pensées. Personne ne peut y pénétrer.  Difficile de comprendre pourquoi sortir peut être une épreuve à la limite de la souffrance physique. Un dîner, c’est rien… Difficile de vivre en permanence avec les peurs d’un autre. Difficile de supporter un besoin constant d’être rassuré sur tout, sur rien.

Il n’existe malheureusement pas de médicament miracle. Si ce n’est les anxiolytiques qui endorment pour éloigner les peurs le temps d’un court répit. Non, la seule façon d’aller mieux c’est de changer sa façon de penser. Et c’est difficile. Imaginez que 2 et 2 ne font plus 4 maintenant mais 6. Imaginez qu’un chat ne s’appelle plus un chat mais un chien. C’est toutes vos croyances qu’il vous faut bousculer. C’est un contrôle permanent sur ses pensées qu’il  faut exercer, jusqu’à ce que ça devienne naturel… un jour.

Ce travail sur mon trouble anxieux généralisé je l’ai commencé il y a deux ans maintenant. J’ai ouvert ce blog, j’ai quitté un travail sécurisant mais non satisfaisant, j’ai réorienté ma carrière pour faire ce que j’aime, j’ai coupé les ponts avec les gens nocifs, bref, je me suis réveillée.

Le chemin est encore long cependant, car l’anxiété est mon épée de Damoclès. Elle me suit partout, tout le temps. Je suis encore dans l’effort quotidien pour la contrôler, sans jamais totalement lui échapper.