Millenium de Suède vs Millenium des States

Suède contre States...

Le 18 janvier dernier sortait la version américaine du film Millenium réalisé par David Fincher. Ce film est tiré du Livre « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » de l’écrivain suédois Stieg Larsson.

J’avais vu la version suédoise du film qui m’avait beaucoup plus car j’y avais retrouvé l’ambiance du livre. Je n’avais nullement l’intention de voir la seconde version.  Le très bon post du blog de Miss Bavarde avait fini de me convaincre. Je l’avais même commenté en disant que moi aussi j’étais contre ce genre de reprise américaine lorsque la version « originale » était déjà très au point (cf « Ouvre les yeux » vs  « Vanilla Sky » …).

Les semaines sont donc passées, le film est sorti et fidèle à mon ressenti, je ne suis pas allée le voir. Mais c’était jusqu’à ce que je passe le week-end chez mes parents… Le cinéma de leur petite ville passait pour la première fois le fameux film tant décrié…

Malgré mes réserves, j’ai accompagné ma mère qui a, comme toutes les filles de la famille, savouré les 3 livres de Stieg Larsson.

Interprétation

Sur l’interprétation, je ne peux rien dire de l’un ou de l’autre car il me semble normal que chaque réalisateur prenne des libertés dans le scénario de son film. Cependant, bien que la lecture des livres soit assez loin dans ma mémoire, la version suédoise me semble s’en rapprocher le plus et laisse la part belle à l’enquête qui réunit les deux héros plus que la version américaine.

Grosse erreur de la version américaine (à l’image de l’affiche du film) elle est centrée non pas sur les femmes mais sur le pouvoir des hommes… Dommage car c’est tout l’inverse de ce que Larsson nous a laissé dans son œuvre.

Présentation avant le film

Avant la version américaine, on a le droit à une présentation en noir et blanc façon film de James Bond. Je n’y ai vu aucun intérêt si ce n’est de préciser, s’il le fallait, la patte américaine…

La Suède

Malheureusement, la version américaine ne nous fait pas autant voyager que la version Suédoise. Normal me direz-vous. Car chez Fincher rien ne nous fait voyager en Suède si ce n’est la neige et les décorations lumineuses Ikéa dispatchées çà et là… De plus, le tutoiement de rigueur en Suède n’est pas respecté dans la version doublée en français.

Ma mère m’a justement fait remarquer que le film de Fincher mixe des scènes très hivernale avec neige et froid glacial et d’autres dans lesquelles on se croirait au printemps voire en en été vu la floraison des arbres… Etrange l’hiver suédois made in USA….

Personnages

Nous voilà enfin au cœur du sujet car, pour moi, l’histoire repose sur les deux personnages principaux : Lisbeth et Mikael.

Noomi Rapace vs Rooney Mara

Honneur aux femmes, commençons par Lisbeth. Dès sa première apparition, j’ai trouvé l’actrice américaine Rooney Mara, physiquement trop « douce ». Sans doute à cause de ses yeux clairs et de ses sourcils blondinets qui la rendent fantomatique. Comme quoi une  coiffure punkette et des piercings sont insuffisants pour incarner Lisbeth.

Noomi Rapace a le regard plus expressif, plus noir, le visage plus émacié.  Même sa coupe est plus tranchée, plus aiguisée. Elle ne joue pas Lisbeth, elle est Lisbeth…

Michael Nyovist vs Daniel Craig

Quant à Mikael Blomvik interprété par le beau Daniel Craig, il est… trop classe même dans son pyjama à carreaux. Trop propre sur lui. Il reste un anglais en visite en Suède : pas du tout habillé pour affronter un hiver suédois.

Mais au-delà de l’aspect physique et vestimentaire, ce qui  m’a le plus gêné c’est qu’au contraire du Mikael suédois qui est plus humain, plus « roots », normal quoi, Daniel Craig est trop charismatique. Il est au même plan que Lisbeth. Or, la seule vraie héroïne de l’intrigue, c’est elle.

De plus, l’acteur Michael Nyovist est inconnu en France et il est donc plus facile de le laisser interpréter Blomvik sans arrière-pensée. Daniel Craig est trop marqué par ses précédents rôles : ses petits gilets par-dessus sa chemise m’ont automatiquement fait penser à son rôle dans Cowboys et envahisseurs !

Une relation ambigüe

La relation entre Lisbeth et Mikael est légèrement trop sexuelle à mon goût dans la version américaine. On ressent beaucoup plus une bienveillance paternelle envers Lisbeth dans la version suédoise.

 

Vous l’aurez compris, je préfère donc le film suédois. Sans doute car je l’ai vu en premier après avoir dévoré la trilogie durant des semaines.

Si vous êtes encore vierge de toute cette histoire, je n’aurais qu’un conseil à vous donner : plongez-vous d’abord dans les livres….

 

Mon ciné à moi

L’autre jour je suis allée voir Sherlock Holmes 2 et pendant les bandes annonces interminables je me suis prise à rêver de mon cinéma idéal…

Dans mon ciné à moi :

Les bandes annonces ne raconteraient pas tout le film, ne montreraient pas les meilleurs moments, ne dévoileraient pas toute l’intrigue. Bref, les bandes annonces donneraient envie d’aller dépenser 10 € pour découvrir un nouveau film.

Le prix d’une place serait divisé par 2 (ou plus !) afin que plus de monde puisse y avoir accès.

Les gens ne seraient pas autorisés à rentrer dans la salle alors que le film a déjà commencé…

Les gens ne viendraient pas se coller à moi au dernier moment alors que je me suis déjà confortablement installée et étalée sur les sièges alentour.

Le pop-corn serait distribué dans la salle. Avec moins de trajet, il y aurait moins de risque de se casser la gueule et de voir notre pop-corn éparpillé par terre…

Les films seraient en VF. Oui, oui, je vous entends déjà : c’est mieux la VO. Bah moi j’aime pas ! Je dois être trop lente à lire car à peine la seconde partie d’une phrase lue, j’ai déjà oublié la première. Je n’arrive pas à me concentrer et sur l’image et sur le texte, désolée ! Et puis, je suis trop habituée à la voix de Bruce Willis en français !!

Les paquets de bonbons ne feraient pas de bruit et on pourrait les manger pendant tout le film sans avoir peur de déranger ses voisins (et sans qu’ils nous dérangent).

Les téléphones ne passeraient pas. Plus besoin de penser à les éteindre, plus de risque d’entendre une sonnerie stridente lors d’une scène culte.

Les sièges seraient suffisamment espacés pour étaler ses jambes, munis d’appuie-tête et assez inclinés pour ne pas être dérangé par « le grand de devant ».

Il ferait chaud dans la salle et je ne serais plus obligée de prévoir d’amener un pull supplémentaire pour assister à une séance.

Et bien sûr, le ciné serait à côté de chez moi… A bien y réfléchir, il m’en faudrait un chez moi !!!

Le discours d’un roi

 

Le discours d'un roi de Tom Hooper

Entre Colin Firth et moi c’est une longue histoire. Elle a débuté il y a 10 ans grâce à ma prof d’anglais de Terminale. Chaque vendredi elle avait la bonne idée de nous passer un épisode du téléfilm Orgueil et préjugés… Colin (je me permets de l’appeler par son prénom vu notre relation…) incarnait le mystérieux et charismatique Mister Darcy… Aucun cours d’anglais ne fut jamais aussi intéressant et inutile de vous dire que c’était le seul pour lequel nous arrivions toutes à l’heure…

Quelques années plus tard, je retrouvais Colin sous les traits d’un autre Darcy cette fois en compagnie de Bridget Jones, ma copine… Et j’avoue avoir bien plus craquer pour lui que pour Hugh Grant.

Oh, Colin....

 

Bref, tout ça pour dire que j’ai été attirée non seulement par l’histoire mais surtout par son acteur principal du film…

Le discours d’un roi nous révèle la relation particulière et véridique entre le duc d’York et son orthophoniste. Le duc, accablé par un bégaiement depuis l’enfance devient roi bien malgré lui, suite au décès de son père et à l’abdication de son frère ainé. Il devra alors surmonter son handicap grâce aux méthodes quelques peu particulières de son thérapeute afin de s’adresser dignement à son peuple alors que la seconde guerre mondiale menace.

J’ai trouvé Colin Firth très juste dans le rôle de ce duc propulsé roi qui doit combattre ses terreurs et ses inhibitions. Il a une allure folle et porte divinement le costume de pingouin tout comme le kilt…

A le voir hésiter, avoir tant de mal à s’exprimer, on ressent parfaitement son angoisse face au micro… J’avais envie de lui retirer son discours et de le lire à sa place !

J’avoue avoir même ressenti quelques frissons lors de sa dernière allocution !

Lionel Logue, orthophoniste attitré du duc est brillamment campé par l’acteur australien Geoffrey Rush.

Outre ses méthodes peu conventionnelles on retiendra surtout l’amitié qu’il va réussir à nouer et ce, malgré les conventions, avec son célèbre patient.

Méthodes et conversation peu conventionnelles...

 

Dernier personnage, et non des moindres, la duchesse, femme dévouée et encourageante, interprétée avec finesse par Helena Bonham Carter.

Le couple royal

Pour couronner le tout, j’ai adoré les décors et les costumes de l’époque. Ah, les jolies robes et fourrures de la duchesse….

Et les hommes avaient encore une classe folle à cette époque ! Lorsque je surprend un caleçon et ce qu’il est censé caché débordant d’un jean, je me dis que je me suis trompée d’époque….

Un dernier mot pour vous dire que même la reine Elisabeth II, (fille du duc d’York devenu Georges VI) a donné sa bénédiction au film, une bonne raison d’aller le voir non ? !