Au fond du gouffre

Au fond du gouffre

effondrer

Mon anxiété est de retour. La dépression l’accompagne. Dans ces moments je n’ai plus envie de rien.

Plus envie d’écrire alors que ça me fait tellement de bien normalement. Plus envie de sortir. Plus envie de faire semblant d’être bien. Plus envie de voir du monde.

Mon boulot me pèse. Il me fait honte. J’ai honte car je suis surqualifiée pour ce poste. J’ai honte qu’on me demande des tâches que j’aurais pu faire il y a 10 ans en début de carrière. J’ai honte de me sentir transparente. J’ai honte de m’ennuyer à longueur de journée. J’ai honte de m’être mis dans cette situation. J’ai honte de moi.

Ma vie privée n’est pas une réussite. Je n’ai pas eu de relation sérieuse depuis des années. Je ne rencontre que des hommes qui semblent uniquement s’intéresser à mon tour de poitrine. J’ai honte d’attirer ce genre de personne.

Mon poids est catastrophique. Je tente tant bien que mal de suivre un régime. Le moindre écart me fait prendre du poids. J’ai honte de ne pas arriver à me contrôler.

Alors que faire dans ces moments de dépression ? Se laisser aller et sombrer ? Se mettre un coup de pied au cul ? Tout laisser tomber ? J’aimerais avoir la solution. J’aimerais m’en sortir. J’aimerais qu’il m’arrive enfin quelque chose de bien sans avoir à me battre. Une petite aide, une toute petite main tendue. Mais la vie ne nous donne rien sans rien. Il faut se battre toujours. La vérité c’est que nous seuls pouvons nous sauver. Dans l’adversité, nous sommes seuls à pouvoir nous en tirer. Mais comment ?

Demander de l’aide

Il y a petite déprime et dépression. Il faut savoir faire la différence car la dépression est une vraie maladie qui demande l’aide d’un professionnel. Si vous n’avez plus envie de rien, si vous vous sentez fatigué, que vous n’avez plus envie de sortir, que vous avez des problèmes alimentaires, que vous dormez mal, que cette situation dure depuis plusieurs semaines, n’hésitez pas à consulter. Il ne faut pas avoir peur de sauter le pas. Car plus on attend, plus on s’enfonce et plus difficile est la remontée.

Faire des projets et agir

Des petits projets, des grands, peu importe. Ca peut être économiser pour s’offrir un week-end au bord de la mer. Ca peut être désencombrer son appart petit à petit. Ca peut être se prendre une journée juste pour soi. Avoir des projets occupe l’esprit de façon positive.

Si c’est une situation qui vous rend malheureux, alors il faut agir pour inverser la tendance. Chercher un nouveau boulot, se laisser convaincre de rencontrer une nouvelle personne,…  Agir c’est ne pas sombrer, c’est déjà botter le cul à la dépression.

Se faire câliner

Dans les séries américaines, ils se prennent tout le temps dans les bras. Pour un rien, ils se jettent dans les bras les uns des autres. En France on est plus pudiques. Moins dans l’effusion. Et pourtant se faire prendre dans les bras pour un câlin c’est juste réconfortant. Un instant de douceur dans un monde de brutes.

Sortir

Rester enfermer chez soi semble être la meilleure solution quand rien ne va. Pas envie de bouger, pas envie de voir du monde qui nous étale son bonheur en pleine gueule, pas envie de rencontrer de nouvelles personnes. Et pourtant. Rester chez soi c’est s’isoler encore plus. S’isoler et ruminer.

Pas besoin de sortir en boite ou de faire une méga fiesta. Il suffit juste d’aller se balader, de prendre l’air, de sortir diner au resto avec ses amis proches. Quelques petits pas pour sortir de son isolement.

Régresser

Parfois la vie d’adulte et ses responsabilités semblent insurmontables. On a juste envie de rester sous la couette et de ne plus faire face à son boulot, ses difficultés. Malheureusement, ce n’est pas si facile. Les responsabilités nous rattrapent toujours. Mais on peut s’accorder une journée de régression totale. Gâteaux régressifs, séries débiles, larvage sur canapé sous la couette, rester en pyjama toute la journée.  Une journée de régression pour faire face à notre vie d’adulte dès le lendemain.

 

S’éloigner des personnes toxiques

Ah ils sont beaux les réseaux sociaux, ces jolis comptes remplis de photos de filles parfaites qui semblent avoir tout pour elles. Quand on se sent mal, on a tendance à se comparer facilement aux autres et donc à se dévaloriser. Pas la peine de rajouter à sa souffrance en compulsant frénétiquement son compte insta ou tumblr remplis de mantras pour gens parfaits. Prendre un peu de recul et se dire que chacun à ses problèmes et que, non, on n’est pas nul parce qu’on n’est pas au régime 24h/24, qu’on ne fait pas de yoga, que notre petit-déjeuner ressemble plus à de la bouillie qu’à un bowl cake, que nous n’avons pas de chéri pour nous offrir un week-end. On a d’autres qualités, d’autres valeurs.

Je ne dis pas qu’il faut s’entourer uniquement de personnes qui ne vont pas bien, au contraire. Mais de personnes bienveillantes. Qui sauront vous écouter et vous conseiller. Qui prendront de vos nouvelles. Sur lesquelles vous pourrez vous reposer. Un jour, c’est vous qui leur viendrez en aide.

Garder son sens de l’humour

Ce qui me sauve lors de mes moments de dépression c’est mon sens de l’autodérision. Parfois rien ne va. Tout part tellement en live que c’en est drôle. Pas toujours facile de rire de sa situation je vous l’accorde mais rire c’est se faire du bien à l’âme. Vous n’arrivez pas à rire de votre situation ? Pas de souci, on peut toujours de moquer gentiment des autres (si, si c’est autorisé en thérapie !!!). Voir les profils adopte de certains mecs, croyez moi ça vaut une franche partie de rigolade.

exister

Je sais combien ces conseils semblent difficiles à suivre quand on traverse une période vraiment difficile. Je n’ai moi-même pas toutes les clés pour sortir de ces moments où tout semble insurmontable. J’essaye de trouver ce qui me va le mieux. De faire des petits pas. Je crois que chacun doit trouver la ressource intérieure nécessaire pour ne pas sombrer. Il y aura toujours des personnes pour vous trouver pathétique car vous êtes « trop » fragile. Peu importe. L’important c’est de s’écouter. Vous seul savez quand vous pouvez faire face ou quand c’est trop difficile. Vous seul détenez les clés.

 

6 réflexions sur “Au fond du gouffre

  1. J’ai lu avec attention votre article. Je suis soufflée, de tant mal-être.
    Vos conseils sont plutôt pertinents. J’en ajouterais bien deux : relativiser. A fond. Et aussi : moins s’écouter. Vous êtes jeune, manifestement intelligente (vous réfléchissez !), alors quoi… ?! Qu’est-ce qui peut bien PESER sur vos épaules, de cette façon ?? Peser réellement, je veux dire ? Je sais bien que nous ne sommes pas tous fait du même bois, que nous n’avons pas tous la même résistance et que nous n’avons pas tous été « armés » de la même façon, sans compter la faculté de résilience que nous ne possédons pas tous non plus (si tragédie, drame ou évènement grave il y a).
    Je souhaite que vous (re)trouviez le chemin de la vie, avec ses joies, ses peines, sa chaleur, ses hauts et ses bas, la vie quoi !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s